Le dirigeant serbe Aleksandar Vucic a communiqué sa démission de la fonction présidentielle. Cette décision met un terme à son second et ultime mandat quinquennal. Il a indiqué qu’il transmettrait son mandat au président de l’Assemblée nationale. L’homme politique a choisi de quitter ses fonctions bien que la législation en vigueur ne l’y contraignait pas, expliquant vouloir faire campagne pour le poste de premier ministre comme un citoyen ordinaire.
Une décision liée à des mois de contestation
Ce retrait intervient après une longue période de contestation menée par la jeunesse universitaire. Le mouvement de protestation est né à la suite de la chute d’une marquise de gare à Novi Sad intervenue en novembre 2024. Cet accident a entraîné la mort de seize individus et a été imputé à la corruption. Le drame a provoqué les rassemblements les plus massifs connus par le pays depuis la chute de Slobodan Milosevic en l’an 2000, mobilisant par moments des foules immenses.
Les protestataires ont d’abord réclamé des investigations transparentes avant de exiger l’organisation de scrutins anticipés. Aleksandar Vucic avait promis de répondre à cette demande avant de fixer le scrutin au terme du mois d’octobre, évoquant des turbulences politiques intérieures. Le scrutin législatif était initialement programmé pour décembre 2027.
Des grâces présidentielles avant le départ
Avant de quitter ses fonctions, le chef de l’État a utilisé ses prérogatives constitutionnelles pour accorder des mesures de clémence. Il a signé des grâces en faveur de quarante-neuf personnes, parmi lesquelles figurent vingt-trois individus impliqués dans la crise traversée par le pays depuis un an et demi, incluant des militants étudiants ainsi que des membres de sa formation politique, le Parti progressiste serbe (SNS), dont il emmène la liste pour les législatives.
Conformément aux textes réglementaires, l’intérim de la présidence est assuré par Ana Brnabic, présidente du Parlement. Cette transition ne peut excéder une durée de trois mois, un délai imparti pour organiser l’élection d’un nouveau chef de l’État.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
