Face à la grogne des lycéens, le ministre de l’Éducation nationale a pris la parole pour exprimer son inquiétude concernant l’utilisation de la violence lors des blocages d’établissements. Tout en qualifiant le droit de manifester de liberté fondamentale, Édouard Geffray a rappelé que la violence est inacceptable et que les instances démocratiques doivent être respectées.
Depuis le début de la mobilisation, le bilan s’établit à 76 personnes blessées, qu’il s’agisse d’élèves ou de membres du personnel, selon les chiffres communiqués par Édouard Geffray. Le ministre a également déploré des scènes invraisemblables, citant notamment le cas d’un jeune ayant perdu l’usage d’une partie de sa main après avoir manipulé un mortier sans en connaître le fonctionnement. De son côté, le ministre de l’Intérieur a fait état de 440 interpellations, principalement de mineurs, en marge de ces mouvements.
Concernant la nature du mouvement, Édouard Geffray a opéré une distinction nette. S’il a affirmé que « la violence n’est pas légitime », il a concédé que « ce qui est légitime, ce sont les revendications, (…) lorsqu’elles portent sur le fonctionnement de l’institution scolaire » et qu’elles « doivent être entendues et écoutées ». Le membre du gouvernement réagissait ainsi aux propos du maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qui avait estimé que la violence pouvait être admise.
Sur le terrain, la situation reste tendue. Au lycée Paul-Éluard de Saint-Denis, le blocage s’est poursuivi bien que les cours aient été officiellement maintenus et que certains élèves aient pu accéder à l’établissement sous la surveillance de plusieurs dizaines de CRS postés devant les entrées.
Parallèlement, la contestation s’organise sur le plan syndical. L’Union syndicale lycéenne a manifesté son intention de rencontrer le ministre de l’Éducation nationale. L’organisation a également planifié une mobilisation commune avec l’Union étudiante pour le jeudi et le mardi suivant, misant sur une convergence des luttes.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
