Pour son projet de budget 2027, le gouvernement a présenté un effort budgétaire global de 54 milliards d’euros, tel que promis par Sébastien Lecornu. L’objectif affiché par l’exécutif est de ramener le déficit public à 5 % en 2027, alors qu’il est attendu à 5,4 % du PIB pour l’année en cours.
Selon le Haut conseil des finances publiques (HCFP), les dépenses publiques continuent toutefois de progresser de 41 milliards d’euros. Le gouvernement fait valoir des mesures nouvelles représentant 43 milliards d’euros d’efforts, complétées par 11 milliards d’euros provenant de la montée en charge de décisions antérieures prises en 2025 et 2026. David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, cite notamment le gel des allègements généraux, les décrets sur la santé et la réforme de l’assurance-chômage.
Sur les 43 milliards d’euros prévus dans les nouveaux textes, près de 25 milliards proviennent de compressions comparées à la trajectoire initiale des dépenses, tandis que 18 milliards reposent sur des recettes supplémentaires. François Ecalle, ancien magistrat financier et fondateur de Fipeco, qualifie ces calculs de conventionnels et discutables.
Mesures ciblées sur les retraites et la sphère sociale
L’effort global sur la sphère sociale est évalué à 12 milliards d’euros par le gouvernement. Parmi les mesures phares, l’exécutif prévoit de sous-indexer les pensions de retraite supérieures à 1 260 euros, soit toutes les pensions situées au-dessus de 85 % du smic, une mesure annoncée par Jean-Pierre Farandou qui doit générer 4,1 milliards d’euros d’économies. Le gouvernement souhaite également geler certaines prestations sociales, telles que les APL et la prime d’activité.
Concernant les dépenses de santé, 5,1 milliards d’euros d’économies sont attendus grâce à une baisse des prix et des volumes de médicaments et dispositifs médicaux remboursés. Des économies supplémentaires sont envisagées sur les arrêts-maladies selon les discussions avec les partenaires sociaux. Par ailleurs, l’État prévoit de geler le point d’indice des fonctionnaires pour la quatrième année consécutive.
Contributions des collectivités et doutes des observateurs
Les collectivités territoriales sont également mises contribution à hauteur de 2,5 milliards d’euros, en plus d’une réduction de 2,1 milliards des versements de l’État. Malgré l’ensemble de ces mesures, la charge d’intérêts devrait grimper de 12 milliards pour atteindre 91 milliards d’euros en 2027. Amélie de Montchalin, présidente du HCFP, souligne que cet effort conséquent ne se traduira pas par une réduction significative du déficit et qualifie l’objectif d’atteindre 3 % en 2029 de très peu vraisemblable, un avis partagé par François Ecalle qui évoque des annonces pour rassurer les partenaires.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
