Le premier tour de l’élection présidentielle se déroule ce dimanche au Brésil. Le président sortant, Luiz Inacio Lula da Silva, âgé de 80 ans et représentant la gauche, brigue un quatrième mandat non consécutif. Il fait face à son principal opposant, le candidat d’extrême droite Flavio Bolsonaro, âgé de 45 ans. Ce dernier, sénateur de Rio de Janeiro, se présente sur le bulletin de vote à la place de son père, l’ancien président Jair Bolsonaro, qui ne peut se porter candidat en raison d’une condamnation à 27 ans de prison prononcée pour tentative de coup d’État.
À la veille de ce scrutin, les deux principaux prétendants se trouvent au coude-à-coude dans les sondages, ce qui rend probable l’organisation d’un second tour le 25 octobre. Bien que douze candidats soient en lice, ce duel monopolise l’attention des électeurs, qui doivent également élire des députés, des gouverneurs et une partie des sénateurs.
L’ombre du crime organisé dans les favelas
Dans certaines zones, comme les favelas de Rio de Janeiro à l’instar de Maré ou de la Cité de Dieu, l’élection se déroule sous l’influence du crime organisé. Des groupes de gauche et de droite approchent les habitants pour leur imposer des listes de candidats, en exigeant des informations personnelles telles que des pièces d’identité ou des justificatifs de bureau de vote. Certains électeurs doivent prouver leur choix au moyen de photos ou de vidéos de l’urne électronique, tandis que d’autres reçoivent des contreparties matérielles ou financières après le vote, telles qu’une bombonne de gaz, un panier alimentaire ou une somme d’argent de 100 reais, équivalant à environ 17 euros.
Thais Alves, professeure en sciences politiques, souligne que ces élections constituent également une opportunité pour les milices et organisations mafieuses d’intégrer la sphère politique. Selon l’universitaire, certains candidats font activement campagne dans des territoires tenus par ces milices et entretiennent des liens étroits avec les dirigeants de ces réseaux criminels, des connexions qui restent complexes à prouver et à dénoncer face aux institutions. Pour limiter ces pressions sur la population, de nombreux bureaux de vote ont d’ailleurs été déplacés.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
