Les marchés financiers de la zone euro continuent d’évoluer au rythme des fluctuations des prix de l’énergie et de la hausse globale des rendements à long terme, sur fond d’économie macroéconomique résiliente. Selon la présentation d’Isabel Schnabel, les tensions persistantes sur l’énergie, amplifiées par les inquiétudes autour de l’inflation des prix alimentaires et par les nouvelles hostilités entre les États-Unis et l’Iran, ont poussé à la hausse les anticipations de marché concernant l’inflation et les taux directeurs.
Tensions sur le gaz, le pétrole et les produits raffinés
Le centre d’attention en Europe s’est déplacé du pétrole brut vers les produits raffinés et le gaz. Les cours du gazole et du diesel ont fortement progressé en raison de capacités de raffinage jugées limitées. De même, les tarifs européens du gaz ont atteint leurs sommets depuis le début de l’année 2023, un niveau qui pourrait être accentué par de faibles stocks. Par ailleurs, la vague de chaleur estivale et un épisode marqué du phénomène El Niño font craindre de nouvelles pressions sur les prix internationaux des denrées alimentaires au cours des derniers mois.
De son côté, Philip Lane a souligné que le choc énergétique découlant du conflit au Moyen-Orient génère des pressions inflationnistes durables. Les cours du pétrole s’établissent à 97 dollars le baril, en hausse de 3 % depuis la réunion de juillet, tandis que les marges de raffinage du diesel européen dépassent 70 dollars le baril, soit un niveau trois fois supérieur à celui d’avant-guerre. Le gaz atteint quant à lui 73 euros par mégawattheure, affichant une progression de 17 %.
Réévaluation des taux et perspectives des marchés
Face à la persistance du choc, les anticipations relatives aux taux directeurs ont grimpé. Le taux terminal de la Banque centrale européenne a franchi le seuil de 3 % pour la première fois du cycle de resserrement. Les marchés ont intégré une hausse de taux lors de la réunion de septembre, prévoyant au total 84 points de base de relèvements d’ici la fin de l’année 2027, contre 64 points de base anticipés en juillet. En revanche, les analystes interrogés affichent une vision plus modérée, tablant uniquement sur une ultime intervention en septembre.
Sur les marchés boursiers de la zone euro, la poursuite de la hausse a été portée par les données macroéconomiques favorables, les perspectives de bénéfices des entreprises et l’optimisme persistant autour de l’intelligence artificielle. Toutefois, des inquiétudes émergent concernant l’endettement accru des entreprises du secteur de l’intelligence artificielle, dont une partie importante se situe hors bilan. Les conditions financières de la zone euro se sont ainsi resserrées modérément, sous l’effet conjugué de taux nominaux et réels à long terme plus élevés et d’une appréciation de la monnaie unique.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
