La campagne pour le second tour de l’élection présidentielle brésilienne, fixée au 25 octobre, connaît une escalade contentieuse. Le chef de l’État en exercice et son opposant, le sénateur Flavio Bolsonaro, ont tous deux enclenché des démarches devant le Tribunal supérieur électoral (TSE) afin de réclamer l’annulation de la candidature adverse.
Au cœur de ces récriminations figure l’implication de la firme américaine Meta. L’état-major du président de gauche a fait part de son intention de déposer une requête pour dénoncer une « manipulation algorithmique » menée par la société mère de Facebook, Instagram et WhatsApp. Ses représentants reprochent à la plateforme une « ingérence » au bénéfice du candidat conservateur. De son côté, l’équipe du fils aîné de l’ancien président a immédiatement agi en justice, arguant d’un « abus de pouvoir » imputé à son opposant. Ses avocats soutiennent que ce dernier a orchestré la diffusion massive de messages promotionnels sur l’application WhatsApp durant la période électorale, avec la complicité présumée du groupe technologique.
Le Tribunal supérieur électoral a exigé que la compagnie démontre sous vingt-quatre heures la mise en place de dispositions garantissant l’équité entre les concurrents, sous peine de se voir infliger une pénalité financière de l’ordre de 200 000 dollars par jour. Tout en rejetant les griefs formulés à son encontre, le groupe a validé le respect des critères exigés. Il a admis l’existence de dysfonctionnements techniques récents, incluant la suppression par mégarde de messages publicitaires émanant du camp du dirigeant de gauche, tout en précisant que cet incident n’était pas restreint au territoire brésilien.
Une fin de course électorale très serrée
Cette confrontation judiciaire se déroule alors que les derniers sondages, signés par l’institut Datafolha, placent les deux prétendants à égalité technique, affichant 51 % d’intentions de vote pour le sénateur et 49 % pour le président sortant. Au premier tour, qui s’est tenu le 4 octobre, le candidat conservateur s’était positionné en tête en recueillant 47 % des suffrages, devançant son rival crédité de 45 %.
D’après les analyses du politologue Lucas Gelape, la ferveur des partisans, qu’elle s’exprime dans l’espace public ou en ligne, demeure un paramètre crucial. Alors que le représentant de la droite met en avant la sécurité, le coût de la vie et le renouveau politique, la stratégie de son opposant consiste à agiter la menace d’un retour au pouvoir de la famille Bolsonaro. L’expert souligne également que les suffrages en faveur du sénateur reflètent avant tout un rejet du Parti des travailleurs et de son dirigeant plus qu’une adhésion profonde à sa personnalité.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
