Interrogé sur le sujet, Piero Cipollone a fait le point sur l’avancement du projet d’euro numérique. Selon ses déclarations, les paiements constituent une infrastructure stratégique pour le continent européen et leur bon fonctionnement garantit celui de l’économie. Alors que la part des achats en ligne progresse fortement, comme en Italie où ils sont passés de 6% du total en 2019 à 24% en 2024, l’utilisation de la monnaie émise par la banque centrale se heurte à l’impossibilité d’utiliser les espèces sur Internet.
Souveraineté et dépendance des paiements
L’institution souligne une dépendance importante envers des opérateurs non européens pour une part majoritaire des paiements en ligne, ainsi que dans les magasins physiques pour de nombreux pays de la zone euro. L’euro numérique est présenté comme un projet de souveraineté visant à doter l’Europe d’une alternative propre, offrant une monnaie publique sécurisée et garantissant la protection de la vie privée.
Conséquences pour les commerçants et aspects techniques
Le dispositif doit également modifier la situation des commerçants, en particulier les plus modestes qui supportent des frais parfois nettement plus élevés que les grands acteurs. L’introduction de cette alternative européenne doit renforcer la concurrence et faire baisser les coûts grâce à des plafonds fixés par la loi.
Concernant les modalités pratiques, des limites s’appliqueront à la quantité d’euros numériques qu’il sera possible de détenir dans un portefeuille numérique, mais sans restreindre les paiements. Un dépassement de la balance disponible pourra être complété automatiquement par un compte courant lié. Le système permettra en outre des paiements hors ligne, sans connexion Internet, par simple proximité entre deux appareils.
Perspectives de calendrier
Le calendrier dépend des négociations législatives en cours à Bruxelles, avec l’espoir d’une adoption de la réglementation d’ici la fin de l’année. Une phase pilote avec le personnel de la Banque centrale européenne et des banques centrales nationales est prévue pour tester la technologie. Trente-six opérateurs de marché, dont sept italiens, participent aux travaux préparatoires. Sous réserve de l’approbation du règlement, l’euro numérique pourrait être mis en service dès 2029.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
