Le pays est plongé dans une impasse politique complexe à la suite des élections législatives. Aucun vainqueur clair n’a émergé de ce scrutin, qui constitue le premier niveau national depuis les attaques du 7 octobre 2023. Les sondages de sortie des urnes indiquent que ni la coalition sortante de droite et d’extrême droite menée par le Premier ministre sortant, ni le bloc d’opposition cherchant à la remplacer n’ont atteint la majorité requise de 61 sièges sur les 120 que compte la Knesset.
Les projections actualisées placent en légère tête le camp du Premier ministre avec 51 sièges, tandis que l’opposition pilotée par le centriste Gadi Eisenkot se positionne à 50 sièges. Le Likoud de Benyamin Nétanyahou demeure le premier parti avec 27 sièges, affichant un recul par rapport aux 32 sièges précédents mais réalisant un retour en force in extremis grâce à une campagne axée sur la mobilisation des électeurs. De son côté, Gadi Eisenkot a qualifié les premières estimations de désaveu pour son rival avant d’affirmer que le peuple a choisi le changement.
Une percée historique des partis arabes
La formation d’un gouvernement s’annonce particulièrement délicate en raison des équilibres parlementaires. Les projections actuelles indiquent qu’aucun des deux blocs ne peut constituer une majorité sans le soutien des partis arabes. Ces derniers ont réalisé des gains sans précédent et devraient totaliser 17 ou 18 sièges. Cette progression s’explique par une forte participation électorale, le taux final s’établissant à 77,7 % à la fermeture des bureaux de vote, soit une hausse de 7,1 % par rapport au scrutin de 2022.
La Commission électorale centrale a enregistré cette participation en forte hausse, traduisant un changement de comportement chez les citoyens arabes désireux de peser sur le destin du pays et de rompre avec l’abstention généralisée passée. Face à cette situation, les deux principaux dirigeants se sont dits prêts à bâtir un gouvernement. Benyamin Nétanyahou a appelé à l’union de la majorité juive et sioniste pour former un exécutif fort, tandis que Gadi Eisenkot a promis de tout mettre en œuvre pour aboutir à une alternance.
Calendrier et incertitudes sécuritaires
Les résultats définitifs du scrutin sont attendus d’ici au 30 octobre et feront l’objet d’une annonce officielle le 4 novembre. Le dépouillement sera suivi d’une phase potentiellement longue de négociations pour tenter de dégager une majorité parlementaire. Par ailleurs, la situation sécuritaire pourrait peser sur les tractations politiques. Des informations font état de pressions en faveur d’une reprise des attaques contre l’Iran, un scénario qui pourrait favoriser un gouvernement d’union nationale. En réaction, Gadi Eisenkot a mis en garde son adversaire contre toute instrumentalisation de la sécurité à des fins politiques pour influencer la formation du futur cabinet.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
