À l’approche de la saison froide, la question des réserves énergétiques mobilise les acteurs du secteur. Le niveau de remplissage des réservoirs sur le continent européen se situe sous la barre des 60 %, un seuil particulièrement faible comparativement aux années passées. Durant les deux exercices précédents, les volumes stockés atteignaient près de 75 % à la même période. Plus précisément, le taux actuel s’établit à 57 %, un plancher qui n’avait plus été constaté depuis 2009.
Cette difficulté à refaire les pleins s’explique en grande partie par le conflit en Iran ainsi que par l’obstruction du détroit d’Ormuz. Environ un cinquième du gaz naturel liquéfié mondial transite par cette zone maritime. En raison de ces perturbations affectant les livraisons qatariennes depuis le début du mois de mars, les tarifs sur le marché européen ont évolué d’environ trente euros pour dépasser les cinquante euros le mégawattheure. De surcroît, les prix estivaux élevés découlent directement de cette situation critique dans le détroit.
Une situation particulièrement critique en Allemagne
Le pays dirigé par Berlin cristallise l’attention, ses propres réserves affichant un taux de remplissage limité à 47 %. Cette situation s’avère stratégique, l’État allemand abritant environ 20 % des capacités de stockage de l’Union européenne tout en disposant de la faculté de soutenir ses voisins en cas de pénurie. Malgré ce contexte tendu, l’exécutif allemand refuse une intervention directe sur le marché, redoutant d’accentuer l’inflation tarifaire, et privilégie l’action des entreprises privées pour reconstituer les réserves.
Parallèlement, les pays européens doivent faire face à la rivalité de la Chine pour s’assurer la livraison des cargaisons de gaz naturel liquéfié. Un autre paradoxe caractérise la période actuelle : alors que l’interdiction totale du GNL russe au sein de l’Union européenne est programmée pour le 1er janvier 2027, les achats européens auprès de la Russie ont progressé de 11 % au cours du premier semestre.
Face à ces incertitudes et si les tensions venaient à perdurer, la banque Goldman Sachs anticipe une potentielle envolée des cours européens, qui pourraient grimper jusqu’à 100 euros le mégawattheure.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
