Le chef du gouvernement refuse de revivre la situation de l’année précédente. Dans une missive envoyée aux députés et aux sénateurs, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a demandé aux parlementaires de se saisir du texte budgétaire. Faute de majorité claire à l’Assemblée, l’exécutif redoute une alliance des oppositions de gauche et du Rassemblement national pour bloquer l’adoption du texte en pleine campagne présidentielle.
Si un tel scénario se produisait, l’exécutif serait contraint de recourir à une loi spéciale, comme cela a déjà été fait en 2025 et en 2026. Ce dispositif permet de reconduire les recettes de l’exercice précédent tout en assurant les dépenses indispensables à la marche de l’État. Toutefois, alors que cette solution n’avait par le passé duré que quelques semaines, elle risquerait de se prolonger jusqu’à l’automne 2027 en raison de l’élection présidentielle et des élections législatives probables qui suivraient.
Dans son courrier, Sébastien Lecornu avertit que reporter l’adoption des comptes de la nation après le scrutin suprême engendrerait des difficultés majeures. Selon lui, une augmentation des taux d’intérêt affecterait durablement l’État ainsi que l’économie nationale. Par ailleurs, le Premier ministre rappelle qu’un nouveau président de la République aura toujours la possibilité de faire voter un projet de loi de finances rectificatif, soulignant qu’il est impossible de modifier un budget qui n’a pas été voté au préalable.
L’Inspection générale des finances (IGF) a également alerté sur les répercussions graves d’un recours à une loi spéciale budgétaire en cas de blocage parlementaire. Ce constat a été formulé dans un rapport commandé par le gouvernement au mois de mai et rendu public un jeudi de la même semaine.
Malgré ces tensions, le chef du gouvernement se dit prêt à prendre le temps nécessaire pour mener les discussions, confronter les visions et bâtir des compromis, quitte à étendre ce travail au-delà des échéances fixées par certains.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
