Les citoyens islandais ont tranché lors d’un référendum organisé le samedi 29 août. Ils ont repoussé à 52,8 % la reprise des discussions avec l’Union européenne en vue d’une future intégration, selon les données communiquées par le diffuseur public RUV. Le « non » a recueilli 118 040 voix, tandis que le « oui » a atteint 47,2 %, totalisant 105 399 suffrages.
Le scrutin a connu une mobilisation exceptionnelle, avec un taux de participation s’élevant à 82,5 %. Il s’agit du niveau le plus élevé enregistré sur l’île depuis l’année 2009. Les résultats révèlent également une fracture géographique au sein de ce pays comptant environ 400 000 habitants : si la capitale Reykjavik a plébiscité le « oui », les régions du sud et du nord-ouest ont opté nettement pour le « non ».
Origines et enjeux du scrutin
Les pourparlers entre l’archipel arctique et Bruxelles avaient débuté en 2009 avant d’être suspendus en 2015 par les autorités de l’époque, alors sous l’influence des eurosceptiques. Le gouvernement en place, mené par la sociale-démocrate Kristrun Frostadottir, avait pris la décision au printemps dernier, avec l’accord du Parlement, de soumettre la question au peuple cet été afin d’envisager une relance des discussions d’ici la fin de l’année.
Le pouvoir en place espérait ainsi composer avec un climat géopolitique particulier, marqué par les inquiétudes liées au conflit en Ukraine et aux ambitions de Donald Trump concernant le Groenland voisin. Les défenseurs de l’adhésion ont mis en avant des arguments économiques, soulignant notamment que l’adoption de la monnaie unique européenne aurait permis de réduire une inflation parvenue à des niveaux records.
Cependant, les adversaires d’un rapprochement ont emporté la mise en mettant l’accent sur la préservation de la souveraineté nationale, des entreprises locales et du secteur stratégique de la pêche, considéré comme une ligne rouge par les opposants. Pour Bruxelles, ce rejet constitue un frein dans ses tentatives de lier davantage cet État arctique à forte importance géostratégique, les électeurs ayant privilégié le maintien de l’indépendance nationale.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
