Face aux dramatiques incendies qui ont frappé l’Algérie, les autorités font face à un bilan humain extrêmement lourd et diversement évalué. Alors que le dernier bilan officiel communiqué fait état de douze décès, des sources locales signalent un nombre de victimes s’élevant au moins à plusieurs dizaines. La région de Jijel est particulièrement touchée par cette catastrophe survenue à la fin du mois d’août, ravageant une zone côtière et montagneuse très fréquentée.
Le 28 août, les habitants ont procédé à l’inhumation de 39 victimes dans une fosse commune, en présence du Premier ministre Sifi Ghrieb, dépêché sur place par la présidence. D’après les informations rapportées, la localité de Djemaa Beni Habibi dénombre à elle seule 73 victimes. De son côté, la journaliste spécialisée Nezha Khellaf avance le chiffre de 200 décès dans les incendies de Jijel, en s’appuyant notamment sur des avis de décès, des listes locales ainsi que sur des publications de proches sur les réseaux sociaux. Les flammes ont anéanti 80 % du territoire forestier de cette zone reconnue pour sa verdure et son attrait touristique.
En parallèle des opérations de secours et d’un appel aux dons lancé par le Croissant-Rouge algérien avec des convois envoyés vers Jijel, Skikda et Annaba, la question des responsabilités et de la gestion de crise est ouvertement posée par plusieurs observateurs et sites d’information. En déplacement à l’hôpital des grands brûlés de Zéralda, le président Abdelmadjid Tebboune a estimé qu’il y avait une origine criminelle derrière la violence de ces départs de feu, jugeant anormale une telle intensité.
Dans le cadre de la réponse judiciaire, le chef de l’État a exprimé le souhait, le 30 août, de rétablir rapidement l’application de la peine de mort visant les individus qualifiés de pyromanes. Cette sanction figure dans le Code pénal national mais fait l’objet d’un moratoire depuis l’année 1993. Les analyses locales soulignent également la nécessité d’établir les responsabilités en cas de manquements dans la gestion de la crise, tout en insistant sur l’urgence d’indemniser ceux qui ont tout perdu dans ce drame qualifié de catastrophe écologique pour le poumon vert du pays.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
