La jeune pousse Hugging Face fait l’objet d’un rachat à hauteur de 13 milliards de dollars (évoqué également à 13 milliards d’euros) par le géant Nvidia, spécialisé dans la fabrication mondiale de puces électroniques et de processeurs dédiés à l’intelligence artificielle.
La structure a été créée aux États-Unis il y a environ une décennie par trois compatriotes : Clément Delangue, issu de l’ESCP, ainsi que Julien Chaumond et Thomas Wolf, tous deux issus de Polytechnique. Si le laboratoire de recherche est demeuré implanté à Paris, cette opération entraîne le basculement total de l’entité vers le territoire américain.
Une position de référence pour l’intelligence artificielle ouverte
Par opposition aux solutions propriétaires et secrètes pilotées par des acteurs majeurs du secteur comme Google, Anthropic ou OpenAI, Hugging Face s’est hissée au rang de plateforme de référence mondiale en matière d’intelligence artificielle ouverte (« open source »). Le principe repose sur un accès public au fonctionnement des machines, permettant aux développeurs de récupérer, examiner et modifier les modèles selon leurs exigences propres.
Le site répertorie ainsi un ensemble de trois millions de maquettes logicielles et un million d’applications libres d’accès et ajustables. Sa communauté fédère 18 millions de programmeurs informatiques, tandis qu’environ 200 000 sociétés y possèdent un profil pour diffuser ou acquérir ces outils numériques.
Les motivations stratégiques du acquéreur
En tant que producteur incontournable de processeurs pour l’intelligence artificielle, le fabricant américain s’expose à des risques si le marché reste aux mains d’un petit nombre d’acteurs aux technologies verrouillées. L’intérêt pour le groupe consiste donc à multiplier les modèles disponibles afin d’accroître le nombre d’entreprises acheteuses de ses puces. En mettant la main sur la plateforme, l’acquéreur s’assure ainsi l’accès à l’ensemble de cette clientèle.
Cette transaction met par ailleurs en relief une situation récurrente selon les analyses rapportées : l’investissement d’argent public dans la formation d’ingénieurs talentueux dont le travail profite finalement aux États-Unis, traduisant l’incapacité hexagonale à conserver ses champions technologiques.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
