L’armée américaine a procédé à la destruction d’un quatrième navire au large de l’Équateur, soupçonné d’entretenir des liens avec le trafic de stupéfiants. Cette intervention s’inscrit dans le cadre d’une action menée conjointement avec les autorités équatoriennes, selon les informations diffusées par l’armée américaine.
Une opération conjointe contre un réseau criminel
Le commandement militaire étatsunien, connu sous le nom de Centcom, a précisé que l’embarcation visée collaborait avec le groupe baptisé Los Choneros. D’après Washington, cette organisation entretient des connexions avec le cartel mexicain de Sinaloa. Le Commandement Sud de l’armée américaine (Southcom) a détaillé le déroulement de l’action sur les réseaux sociaux, expliquant que le bâtiment principal avait été sécurisé avant que son équipage ne soit débarqué. Le navire a ensuite été sabordé en même temps que ses annexes.
De son côté, la Marine équatorienne a indiqué avoir pris en charge les 26 membres d’équipage du María Candelaria, acheminés vers le port de Manta. Plus tôt dans la semaine, le Southcom avait déjà ciblé un autre transport soupçonné de ravitailler la même structure criminelle. Cette embarcation avait été interceptée et neutralisée au moyen d’un navire militaire et d’un hélicoptère, après que les marins eurent été transférés aux autorités locales.
La colère des professionnels de la mer
Les interventions de la marine américaine suscitent de vives réactions au sein de la communauté des pêcheurs locaux. Les équipages des navires détruits ont systématiquement réfuté toute implication dans des activités illicites. À l’arrivée des marins des deux premiers bateaux coulés, des proches et des professionnels ont manifesté pour dénoncer ces saisies et la destruction de leurs outils de travail.
César Delgado, qui représente le secteur de la pêche dans la région de Manta, a exprimé l’incompréhension et la colère des professionnels, estimant que les autorités américaines considèrent désormais chaque travailleur de la mer comme un délinquant potentiel. Les marins interpellés ces derniers jours avaient été relâchés par un juge sans inculpation préalable.
Un contexte régional de lutte antidrogue
Ces destructions s’inscrivent dans le cadre de la politique menée par le président équatorien Noboa, qui a engagé son pays dans l’alliance « Bouclier des Amériques ». Cette coalition regroupant près d’une vingtaine d’États latino-américains et caribéens a été mise en place par Donald Trump. Au total, quatre bâtiments battant pavillon équatorien ont été anéantis au cours de la période récente. Depuis le début d’une campagne de frappes menée par Washington dans la mer des Caraïbes et le Pacifique oriental, plus de 200 personnes ont perdu la vie, bien que ces quatre dernières opérations n’aient causé aucune victime selon les bilans officiels.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
