Près de quatre millions d’électeurs allemands se déplacent aux urnes ce dimanche 20 septembre pour deux scrutins régionaux cruciaux. Ces élections, organisées à Berlin et dans le Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, font peser de nouvelles menaces sur le gouvernement du chancelier Friedrich Merz, dont la popularité se trouve au plus bas. Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes à 8 heures, heure locale, et fermeront à 18 heures, moment où les premières estimations sont attendues.
Le dirigeant conservateur, âgé de 70 ans, a annulé un déplacement prévu à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies afin de faire face aux répercussions de ce double scrutin. Il a également planifié une assemblée extraordinaire de la CDU pour examiner la situation dès la proclamation des premiers résultats. Huit chefs d’exécutifs conservateurs régionaux ont souligné mercredi le besoin crucial de stabilité pour le pays, sans toutefois mentionner directement le chef du gouvernement.
Une situation périlleuse en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale
Dans le Land situé sur la mer Baltique, la CDU risque de frôler dangereusement le seuil de 5 % indispensable pour siéger au Parlement régional. Un tel effondrement constituerait une première historique. Les sondages placent en tête le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), crédité de 37 % des intentions de vote, talonné par le SPD de la présidente de région Manuela Schwesig, évalué à 35 %.
L’AfD, pro-Trump et proche de Moscou, avait déjà infligé une défaite marquante à la CDU deux semaines plus tôt en Saxe-Anhalt. Durant l’ultime meeting de campagne du candidat d’extrême droite Leif-Erik Holm à Schwerin, ce dernier a qualifié de « mauvaise blague » la réduction des taxes sur le carburant annoncée la veille par le gouvernement. Cette mesure, prévoyant un rabais fiscal d’environ 17 centimes le litre pour l’automne et un possible plafonnement des prix au plus tard le 1er janvier, vise à contrer l’impact de la flambée des prix des carburants liée aux perturbations du marché mondial.
Tension et incertitude à Berlin
Dans la ville-État de Berlin, la CDU du maire actuel fait face à une concurrence très serrée. Le parti conservateur se trouve au coude-à-coude avec la gauche radicale Die Linke, les deux formations tournant autour de 20 % d’intentions de vote, suivies de près par l’AfD à 18 %. Une défaite face à Die Linke représenterait un camouflet supplémentaire pour Friedrich Merz, que la gauche radicale accuse de détruire l’État-providence.
Au pouvoir depuis 16 mois, le chancelier voit sa cote de popularité personnelle osciller juste au-dessus de 10 %. Selon Roland Abold, sondeur pour l’institut Infratest Dimap, 13 % seulement des personnes interrogées en septembre se déclaraient satisfaites de son action, constituant le niveau le plus bas jamais enregistré pour un chancelier en exercice. Malgré les promesses de relance économique, de réarmement face à une Russie hostile et de fermeté sur l’immigration, l’AfD poursuit sa progression et domine désormais les sondages à l’échelle nationale.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
