La justice iranienne a ordonné la fermeture du Centre de langue française (CLF), un établissement majeur d’enseignement de la langue française rattaché à l’ambassade de France à Téhéran. L’annonce a été officialisée par l’agence Mizan, organe du pouvoir judiciaire, qui indique que cette décision émane du parquet de Téhéran. D’après la même source, l’institution est blâmée pour avoir exercé des actions présentées comme contraires à la culture locale et préjudiciables à la sécurité de l’État, opérant sous le couvert de cours de langues.
Un établissement ouvert depuis plus de deux ans
Le CLF fonctionnait dans la capitale iranienne depuis plus de vingt ans selon les indications de son site officiel. Il proposait des leçons de français, faisait office de centre d’examen et abritait une médiathèque. Dans l’immédiat suivant l’annonce, l’ambassade de France n’a pas formulé de réaction.
Des tensions diplomatiques persistantes
Cette mesure intervient dans un climat de relations déjà dégradées entre la France et l’Iran. En juillet, un différend diplomatique avait éclaté après la mise en cause de deux représentants de la diplomatie française à Téhéran. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait alors affirmé qu’ils avaient été retenus de manière injustifiée pendant plusieurs heures, signalant par ailleurs que l’un des agents avait subi des violences physiques. À la suite de cet incident, les autorités locales avaient interdis aux deux diplomates concernés d’exercer leurs fonctions sur place, ce qui avait entraîné l’expulsion en représailles de deux diplomates de l’ambassade d’Iran à Paris par la partie française.
Les désaccords se sont poursuivis entre les diplomaties des deux pays. Le ministre français et son homologue iranien Abbas Araghchi ont échangé des interpellations par le biais des réseaux sociaux concernant la question des droits humains et le passé colonial français. Une source diplomatique iranienne a également reproché à la France son attitude depuis le début du conflit consécutif aux frappes israélo-américaines de la fin du mois de février.
Ce type d’action à l’encontre d’entités françaises à Téhéran s’était déjà produit par le passé. En janvier 2023, l’Institut français de recherche en Iran (IFRI) avait été fermé par les autorités locales à la suite de la parution de caricatures dans un journal satirique français.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
