L’administration américaine fait face à des interrogations après une déclaration de son représentant diplomatique à Pékin. David Perdue, ambassadeur des États-Unis en Chine, a indiqué lors d’un entretien télévisé que le président Donald Trump avait demandé au dirigeant chinois Xi Jinping s’il souhaitait acquérir des équipements militaires américains. Le diplomate n’a pas fourni de précision temporelle concernant le moment exact de cet échange, tout en mentionnant la visite récente du chef d’État chinois à Washington.
L’interdiction légale et la réaction officielle
Cette déclaration intervient alors qu’un embargo sur les ventes d’armes à la Chine est en vigueur depuis juin 1989, instauré conjointement par les États-Unis et l’Union européenne à la suite des événements de la place Tiananmen. Le département d’État américain a rappelé dans une communication écrite qu’aucune offre ni aucun projet de cette nature n’existent, soulignant que la législation américaine prohibe de telles transactions avec Pékin. La Maison Blanche n’a pour sa part émis aucune réaction immédiate, tandis que des responsables de l’exécutif ont affirmé aux médias qu’aucun plan de vente n’était à l’ordre du jour.
Les répercussions pour Taïwan
L’évocation de cette question suscite de l’inquiétude à Taïwan, île confrontée à la pression militaire de Pékin qui revendique sa souveraineté. L’ambassadeur David Perdue a toutefois affirmé que la position américaine de soutien à Taïwan demeurait inchangée. L’administration a validé en décembre 2025 une vente d’armements à Taïwan d’un montant de 11,1 milliards de dollars, qualifiée de plus importante depuis près de vingt-cinq ans, tandis qu’une autre livraison potentielle de 14 milliards de dollars voulue par Taïpei a été suspendue durant le printemps.
Philippe Le Corre, professeur de géopolitique à l’ESSEC et chercheur à l’Asia Society Policy Institute, analyse cette posture comme le reflet d’une approche transactionnelle de la part du président américain depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025. Selon lui, le dirigeant américain utilise la question taïwanaise comme un levier de pression dans ses discussions avec son homologue chinois.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
