Le tribunal correctionnel de Paris a entendu, lundi 28 septembre, les réquisitions du Parquet national financier (PNF) au terme du procès de l’ancienne ministre Rachida Dati et de l’ancien dirigeant d’entreprise Carlos Ghosn. Poursuivis notamment pour corruption et trafic d’influence, les deux protagonistes font face à des demandes de sanctions sévères de la part de l’accusation.
Le PNF a demandé quatre ans d’emprisonnement, dont deux ans ferme sous bracelet électronique et deux ans avec sursis, à l’encontre de Rachida Dati. L’accusation a également exigé une peine d’inéligibilité et une interdiction d’exercer la fonction publique d’une durée de cinq ans, assortie de l’exécution provisoire, ainsi qu’une amende de 450 000 euros. Selon le parquet, ces mesures privatives visent à répondre au « trouble à l’ordre public » et à sanctionner une atteinte au devoir de probité et aux institutions démocratiques.
Les magistrats du parquet ont estimé que les honoraires de 900 000 euros perçus par l’ancienne eurodéputée entre 2009 et 2013, dans le cadre d’une convention avec une filiale de Renault-Nissan, couvraient un « pacte de corruption » et des missions de trafic d’influence plutôt qu’un travail juridique effectif et documenté. Concernant Carlos Ghosn, jugé en son absence et actuellement réfugié au Liban, le PNF a requis quatre ans de prison, une amende de 375 000 euros, le maintien des mandats d’arrêt et la privation de ses droits civiques, en y ajoutant des accusations d’abus de pouvoir, d’abus de confiance et de recel.
La défense dénonce une « mort civile » et réclame la relaxe
Les conseils de Rachida Dati ont vivement contesté ces réquisitions, qualifiant les demandes de l’accusation d’excès menant à une « mort civile » professionnelle. Me Antoine Beauquier a évoqué des réquisitions sidérantes et qualifié de « fragiles » les éléments de preuve présentés par le parquet. Me Olivier Baratelli a quant à lui souligné l’absence de témoignages corroborant le trafic d’influence et rappelé l’action de sa cliente au Parlement européen, tout en s’étonnant de l’absence de constitution de partie civile de l’institution européenne. Les avocats ont demandé au tribunal de prononcer la relaxe de l’ancienne garde des Sceaux, a minima au bénéfice du doute.
À l’issue de l’audience, la prévenue a dénoncé le « mépris » et la « condescendance » des réquisitions du PNF. La décision du tribunal correctionnel de Paris sera prononcée le 21 janvier 2027.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
