L’hémicycle de l’Assemblée nationale entame ce mardi 13 octobre l’examen du volet budgétaire présenté par le gouvernement. Ce texte arrive devant les députés après avoir été rejeté en commission des finances à la quasi-unanimité. Face à un climat parlementaire tendu, le gouvernement réaffirme la nécessité d’atteindre un déficit public de 5 % pour rassurer les marchés financiers et contenir l’augmentation des taux d’emprunt.
Les retraites et la fiscalité au cœur des tensions
Les discussions en commission ont mis en évidence plusieurs désaccords profonds entre les formations politiques. La question des pensions et de la fiscalité des seniors a provoqué de vives oppositions. Les élus ont rejeté la modification du plafond de l’abattement fiscal des retraités, abandonnant ainsi un rendement d’un milliard et demi d’euros. Cette position est partagée par Les Républicains, pourtant alliés du gouvernement. En tenant compte du gel ou de la sous-indexation des pensions inclus dans le budget de la Sécurité sociale, les mesures concernant les retraités doivent générer des économies de 5,5 milliards d’euros.
La contribution des plus aisés suscite également des divergences. La gauche remet sur la table la taxe Zucman, qui taxe à hauteur de 2 % les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros. Des parlementaires de gauche et du groupe Liot réclament une majoration de la contribution différentielle sur les hauts revenus, ainsi qu’une extension de son champ d’application, sachant que les contribuables percevant plus de 250 000 euros par an sont soumis à un taux de 20 %. La révision du pacte Dutreil, qui concerne la transmission d’entreprises familiales, a également provoqué des passes d’armes.
Réponses aux mobilisations et contraintes financières
Pour répondre à la contestation menée par les lycéens et les étudiants, l’exécutif a déjà modifié sa copie en renonçant aux hausses de frais pour les classes préparatoires et les sections de technicien supérieur. Le chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, a indiqué que le texte intégrera des amendements inspirés des contributions d’élèves recueillies sur une plateforme numérique dédiée. David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, a regretté l’attitude de formations politiques soutenant la jeunesse tout en rejetant les efforts demandés aux retraités.
Le pouvoir d’achat constitue l’autre grand sujet de préoccupation. L’exécutif a avalisé la prolongation du dispositif d’aide au carburant et son élargissement à de nouveaux publics, dans un contexte marqué par un appel à la manifestation prévu samedi. Le parti Horizons a de son côté présenté un projet alternatif visant dix milliards d’euros d’économies supplémentaires. L’exécutif rappelle que toute dépense nouvelle exige une compensation équivalente pour respecter l’objectif de déficit.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
