Les réformes réglementaires mises en place après la crise financière de 2008 ont permis de renforcer la résilience des banques européennes, selon Frank Elderson, membre du directoire de la Banque centrale européenne. Dans un entretien accordé à un média, il rappelle que le coût de la crise a été considérable pour la société et l’économie dans son ensemble, dépassant largement les contraintes réglementaires actuelles.
Interrogé sur le poids de la régulation, Frank Elderson concède que le cadre est devenu plus complexe au fil du temps en raison de la diversité des banques et de la multiplication des risques, tels que les tensions géopolitiques, les cybermenaces, les enjeux climatiques ou encore l’intelligence artificielle. Cependant, il insiste sur le fait que la simplification ne doit pas être confondue avec la dérégulation. L’institution a déjà pris des mesures pour alléger les obligations de déclaration et accélérer les procédures.
La fragmentation, principal obstacle à la compétitivité
Le principal frein pour les banques européennes réside dans la fragmentation du marché, d’après le responsable européen. L’absence d’un marché unique véritablement intégré et le niveau limité des activités transfrontalières empêchent les établissements de tirer pleinement profit des économies d’échelle et d’une allocation efficace des capitaux. Pour remédier à cette situation, il plaide pour l’achèvement du marché unique, de l’union des investissements et de l’épargne, et de l’union bancaire, qui doit inclure un système européen d’assurance des dépôts.
Concernant les normes internationales, Frank Elderson rejette l’idée d’un affaiblissement des règles pour stimuler la compétitivité. Les standards de Bâle garantissent un cadre international cohérent et évitent une concurrence fondée sur les réglementations les plus laxistes. Une baisse des exigences risquerait simplement de reporter la charge de la régulation vers la supervision.
Des pistes pour une supervision plus proportionnée
La proportionnalité constitue un autre axe de discussion. Frank Elderson soutient une adaptation de la surveillance en fonction de la taille et du profil de risque des établissements. Le seuil actuel qualifiant une banque de petite et non complexe est fixé à €5 billion d’actifs totaux. Le relever à €10 billion permettrait d’étendre le régime simplifié à environ 150 banques supplémentaires. D’autres mesures sont évoquées, comme l’espacement des examens réglementaires lorsque le profil de risque le permet ou une utilisation accrue des données déjà disponibles pour les tests de résistance.
Enfin, l’intelligence artificielle présente des opportunités en matière de gestion des risques et d’efficacité, mais engendre également des risques accrus de cybercriminalité. Face à cette menace, les établissements bancaires ont été invités dès le mois de juillet à réévaluer leurs mesures de cybersécurité et à transmettre des plans d’action concrets avant la fin du mois d’octobre.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
