Figure majeure du féminisme et de la vie politique française, Yvette Roudy s’est éteinte un mardi à l’âge de 97 ans. Son décès est survenu dans la résidence médicalisée de Cabestany, située dans les Pyrénées-Orientales, où elle résidait depuis trois années, ainsi qu’en a informé son neveu, Jean-Pierre Saldou.
Une pionnière au gouvernement
Née le 10 avril 1929 à Pessac au sein d’un milieu ouvrier, elle fut la première à occuper les fonctions de ministre déléguée aux Droits de la femme, de 1981 à 1986, au cours du premier mandat de François Mitterrand. Elle accéda par la suite au rang de ministre de plein exercice. Durant son passage au sein de l’exécutif, elle œuvra pour des réformes d’envergure, parvenant notamment à faire voter la prise en charge de l’interruption volontaire de grossesse et en laissant son patronyme attaché au texte de 1983 axé sur la parité salariale et professionnelle entre salariés des deux sexes.
Un engagement indissociable entre socialisme et féminisme
Autodidacte entrée en politique par le biais de la Convention des Institutions Républicaines avant de s’engager au sein du Parti socialiste, elle considérait ses combats politiques et féministes comme intimement liés et complémentaires. Sa trajectoire militante fut également marquée par sa signature du manifeste en faveur de l’avortement, ainsi que par son implication ultérieure en tant que parlementaire élue dans le Calvados, première édile de Lisieux, et participante active à la campagne présidentielle de Ségolène Royal en l’année 2007.
À l’annonce de sa disparition, plusieurs personnalités ont salué sa mémoire et son parcours. Le Parti socialiste a rappelé son rôle déterminant dans l’obtention d’avancées majeures pour la société, tandis que l’ancien président François Hollande a mis en avant une existence entièrement dédiée à la défense des libertés et de l’égalité.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
