La localité de Kenscoff, installée sur les hauteurs de Pétion-Ville au sud de la capitale Port-au-Prince, a connu de graves violences. Durant le passage de dimanche à lundi, précisément entre le 23 et le 24 août, des bandes armées ont ciblé le secteur afin d’accroître leur emprise. D’après les déclarations de Massillon Jean, le premier magistrat de la municipalité, le bilan humain s’établit à une quarantaine de corps dénombrés. L’édile qualifie cet événement de période d’effroi, précisant que les recherches se poursuivent et que des individus manquent toujours à l’appel.
Les assaillants ont notamment pris d’assaut un site d’accueil pour personnes déplacées installé au sein d’un édifice religieux. Plusieurs personnes y ont perdu la vie, tandis que de multiples blessés et des rapts sont recensés. En réaction à ce drame, les services du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé ont diffusé un message de compassion en direction des familles touchées. L’administration centrale a également fait part de son intention de dépêcher des renforts sur place pour stabiliser la situation.
Une crise sécuritaire et humanitaire profonde
La région fait l’objet de convoitises de la part de factions criminelles qui cherchent à s’imposer depuis le début de l’année 2025. Haïti fait face à une dégradation générale de son niveau de sécurité, caractérisée par la recrudescence d’homicides et d’enlèvements perpétrés par les groupes armés.
Selon les estimations publiées en juin par l’Organisation internationale pour les migrations, l’État compte environ 1,5 million de personnes contraintes de fuir leur foyer pour une population globale d’environ 11 millions d’âmes. Pour assister les forces locales, une Force de répression des gangs soutenue par l’Organisation des Nations unies est en phase de mise en place. Cette unité doit regrouper 5 500 agents et militaires d’origine étrangère.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
