Contre toute attente, l’entreprise américaine de notation financière Moody’s a opté pour le maintien de la note de la dette souveraine française à Aa3. Cette décision, intervenue un vendredi, se distingue de l’approche adoptée par les agences S&P et Fitch, qui s’étaient montrées plus sévères par le passé en abaissant l’appréciation de la solvabilité du pays à l’équivalent de A1 ou A+.
La plupart des analystes économiques prévoyaient pourtant une sanction similaire pour la France. La note actuelle demeure ainsi qualifiée de « bonne avec perspective négative », impliquant un risque potentiel de dégradation future. Dans son communiqué diffusé tard dans la soirée, l’organisation précise tabler sur l’adoption d’un budget pour 2027 qui permettra de réduire le déficit public.
Réactions au sein de l’exécutif
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a salué cette annonce sur le réseau social X, estimant qu’elle vient contrer les prévisions pessimistes de nombreux observateurs. De son côté, le ministre de l’Économie Roland Lescure a interprété ce maintien comme une validation de la rigueur des comptes présentés par le gouvernement et de la solidité de l’économie nationale. Le ministre a également rappelé l’objectif intangible de ramener le déficit à 5 % grâce à un budget responsable voté avant la fin de l’année.
Le chef du gouvernement a en outre tenu à remercier les forces politiques qui, en l’absence de majorité absolue, ont accepté d’ouvrir le débat parlementaire dans les délais habituels. Cette prise de position intervient alors même que l’Assemblée nationale venait de rejeter en première lecture les dispositions financières relatives à la Sécurité sociale, un texte qui doit être repris par le Sénat pour s’aligner sur les objectifs de réduction des dépenses publiques et les économies globales évaluées à 54 milliards d’euros pour le budget 2027.
Perspectives et défis économiques
L’institution américaine se montre toutefois plus réservée concernant la trajectoire immédiate du déficit pour l’année en cours, anticipant une descente à 5,2 %, après 5,4 % l’année précédente. Cet écart s’explique par une croissance du PIB évaluée à 1 %, soit un niveau légèrement inférieur aux estimations de l’exécutif. Quant à la dette publique, elle est attendue en progression à 121,7 % du PIB à l’horizon 2027.
L’agence de notation souligne par ailleurs les difficultés potentielles liées à la fragmentation du paysage politique français, susceptible d’entraver le travail législatif. Elle observe également la situation sociale marquée par des tensions et des mouvements de contestation, tout en espérant une accalmie dans les mois à venir malgré l’approche de l’élection présidentielle.
Du côté des experts, l’incompréhension domine parfois. Anthony Morlet-Lavidalie, économiste rattaché à Rexecode, a exprimé son étonnement face à cette décision qu’il juge difficile à interpréter au regard de la situation. Moody’s a pour sa part indiqué que cette décision ne constituait pas une action de crédit définitive. La prochaine étape cruciale pour l’évaluation financière française est fixée au 27 novembre avec la mise à jour de la note de l’agence S&P.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
