Une équipe de recherche de l’institut Necker-Enfants malades, associant l’Inserm, le CNRS et l’Université Paris Cité, a mis en évidence une nouvelle classification du diabète de type 2. Dirigés par Nicolas Venteclef, directeur de recherche Inserm, les travaux publiés dans Cell Metabolism proposent de distinguer quatre sous-types de la maladie en se fondant sur des paramètres immunitaires.
Une méthode de diagnostic simplifiée
Cette approche repose sur l’analyse de cellules immunitaires circulant dans le sang, notamment les neutrophiles, les lymphocytes et les monocytes. Grâce à un algorithme, les chercheurs ont établi une équation permettant de définir le profil immunitaire d’un patient à partir d’une simple prise de sang. Selon Nicolas Venteclef, l’intérêt majeur de cette méthode réside dans sa simplicité, son faible coût et son intégration naturelle dans le parcours de soin, puisque le comptage cellulaire est déjà un examen courant pour détecter des infections ou des cancers.
Anticiper les complications
L’étude révèle qu’environ 15 % des patients présentent un diabète dit SIND, caractérisé par une forte inflammation et un surnombre de cellules immunitaires. Ces individus sont exposés à un risque accru de complications. L’analyse de cohortes regroupant plus de 70 000 personnes a démontré que ces marqueurs permettent de prédire les risques de complications cardiovasculaires et rénales jusqu’à cinq ans avant leur apparition clinique.
La stabilité de ces marqueurs immunitaires dans le temps a été confirmée par l’observation de volontaires sur une période allant de 5 à 10 ans. Cette classification offre une perspective de prise en charge personnalisée, permettant d’adapter les traitements en amont des symptômes. Des essais cliniques sont actuellement en cours pour évaluer l’efficacité de thérapies ciblant spécifiquement les dysfonctionnements immunitaires chez les patients présentant un profil inflammatoire.
Enfin, des tests menés sur 20 volontaires pré-diabétiques ont montré qu’il est possible de réduire ces états inflammatoires grâce à des interventions médicamenteuses et chirurgicales, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
