Une collaboration internationale menée par des équipes de structures lilloises, à savoir l’Inserm, l’Université, la fondation Pasteur locale et le centre hospitalier universitaire de la même ville, associées à plusieurs partenaires, a mis en évidence une fonction inédite liée au gène PLCG2. Leurs travaux, parus dans la revue Nature Genetics, détaillent l’implication de ce gène dans la préservation des synapses, les zones de communication entre les neurones.
Un nouveau mécanisme au cœur des neurones
Jusqu’alors, les scientifiques étudiaient principalement le gène PLCG2 en lien avec la microglie, qui correspond aux cellules immunitaires cérébrales. L’équipe du professeur Julie Dumont et du docteur Jean-Charles Lambert, directeur de recherche Inserm, démontre désormais qu’il intervient directement au sein des neurones. En procédant à un criblage génétique à haut débit portant sur 198 gènes liés au risque de la maladie, les chercheurs ont observé que PLCG2 joue un rôle majeur sur la densité synaptique.
Lorsque la quantité de PLCG2 diminue, la densité des synapses ainsi que l’activité électrique neuronale chutent. Parallèlement, la production de protéine Tau anormalement phosphorylée et la sécrétion de peptides β-amyloïdes augmentent. Les scientifiques précisent que ces altérations se révèlent réversibles, puisque le rétablissement de l’expression du gène permet un retour à la normale. L’analyse suggère une implication des neurexines ainsi qu’une participation possible de la voie AKT/GSK3β.
L’impact de variants rares
L’étude des données génétiques de milliers de personnes a permis d’identifier des variants rares de PLCG2 provoquant une perte de fonction de la protéine. Ces anomalies multiplient par dix le risque de contracter la maladie d’Alzheimer. Des tests menés sur des neurones humains issus de cellules souches porteuses de l’une de ces mutations ont confirmé l’apparition des caractéristiques pathologiques, incluant une baisse de la protéine PLCG2 et une hausse des marqueurs de la maladie.
Ces observations soulignent l’importance des mécanismes synaptiques dans la pathologie et dessinent de potentielles pistes thérapeutiques futures, consistant à renforcer le signal de ce gène.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
