Lors de son intervention devant la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, Christine Lagarde a détaillé la situation économique de la zone euro et justifié les récentes décisions de politique monétaire de la Banque centrale européenne. Face à la persistance de l’inflation, l’institution a décidé de relever ses trois taux d’intérêt directeurs de 25 points de base au début du mois.
Selon les projections des services de la Banque centrale européenne, l’économie de la zone euro devrait progresser de 0,9 % pour l’année, et de 1,4 % pour l’année suivante. L’inflation globale s’est établie à 3,2 % au mois d’août, après avoir atteint 2,9 % en juillet, une progression principalement portée par l’augmentation de l’inflation énergétique, qui est passée à 14,3 %. En revanche, l’inflation des produits alimentaires a fléchi à 1,1 % en août. Pour l’avenir, les prévisions tablent sur une inflation globale moyenne de 3,0 % cette année, et de 2,5 % pour l’année suivante.
Malgré les répercussions du choc énergétique, l’activité économique a fait preuve de résistance au cours du deuxième trimestre, portée par la solidité de la fabrication et par les dépenses publiques consacrées à la défense et aux infrastructures. Le marché du travail demeure stable, le taux de chômage s’établissant à 6,4 % en juillet, tandis que la croissance des salaires nominaux, mesurée par la rémunération par salarié, a ralenti à 3,3 % au deuxième trimestre.
L’intelligence artificielle au cœur des investissements
L’intervention a également mis en lumière le rôle croissant de l’intelligence artificielle dans l’économie européenne. D’après les observations de la Banque centrale européenne, les entreprises prévoient d’allouer environ 10 % de leurs investissements totaux à l’intelligence artificielle, tandis que les emprunts liés à ce secteur représentent près d’un quart de la croissance du crédit aux entreprises.
Une enquête menée par l’institution indique qu’à la fin de l’année précédente, 38 % des entreprises de la zone euro affichaient une utilisation au moins modérée de l’intelligence artificielle, bien que seulement 7 % rapportent un usage significatif. Pour soutenir cette transition, des initiatives européennes telles que le fond Scaleup Europe Fund et le projet InvestAI s’efforcent de mobiliser des capitaux, notamment à travers une enveloppe de 30 pour des Gigafactories d’IA destinées à développer l’intelligence artificielle avancée au sein de l’Union européenne. La présidente de la Banque centrale européenne a toutefois rappelé que, malgré ces progrès, l’effort d’investissement européen accuse encore un retard par rapport aux États-Unis, tout en soulignant les risques potentiels liés à une concentration des valorisations boursières et à l’endettement rapide des entreprises du secteur.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
